Jean-Pierre Mader, figure mythique de la pop française des années 1980 avec des hits comme Macumba ou Disparue, continue d’enflammer les planches avec la troupe « Stars 80 ». Le chanteur septuagénaire partage ses secrets pour garder la forme et continuer de briller sur scène.
Vocation Santé : Pourquoi avoir choisi de refaire des concerts avec Stars 80 ?
Jean-Pierre Mader : Il y a vingt ans, au début de ce projet rassemblant la plupart des icônes françaises de la musique des années 1980, je me suis remis complètement en question, notamment parce qu’on m’a annoncé que j’allais être papa. J’avais 45 ans et j’ai eu une prise de conscience en me rendant compte que je serais père pour la dernière fois de ma vie. J’ai eu une fille : Jeanne.
C’est dans ce contexte que l’on m’a proposé de faire cette tournée avec mes chansons les plus populaires. Je ne savais pas quoi en penser, cela ne me plaisait qu’à moitié, car je n’étais pas forcément motivé par l’aspect nostalgique de ce projet. Particulièrement enthousiaste, le public a fait la différence. Ma compagne a mis fin au peu de doutes qu’il me restait en me demandant : « tu ne veux pas qu’un jour, ta fille te voie chanter ? » Depuis, ma fille m’a vu trois fois au Stade de France. Elle a grandi à travers cette tournée qui n’a fait que monter en puissance. Je me suis donné les moyens de le faire bien. Faire de la musique à 70 ans est très rare et cela est un privilège.
Quelles habitudes de vie avez-vous adoptées pour rester en forme ?
J’ai dû retravailler ma voix. Je n’avais pas chanté pendant dix ans, je chantais moins bien. J’ai eu l’humilité de travailler avec une orthophoniste et une professeure de chant à Toulouse.
Je respirais mal, je ne chantais pas avec le diaphragme, je forçais beaucoup sur ma voix et j’étais assez vite aphone. Aussi, je me suis mis à faire du sport, ce que je ne faisais pas du tout dans les années 1980. J’ai découvert le Pilates. J’en fais deux fois par semaine avec un coach. Cela m’aide à rester serein, renforce mes muscles profonds et travaille mon gainage.
L’important à mon âge, c’est la tenue. Seul le gainage peut l’amener.
Par ailleurs, je marche beaucoup. Je parcours entre 10 et 12 kilomètres par jour. J’ai la chance de vivre dans deux villes : Toulouse et Biarritz. La première est très bien pour les balades pédestres en centre-ville tandis que la seconde est pensée pour les virées en vélo. Ce sont des endroits idéaux pour garder la forme.
Faites-vous aussi attention à votre alimentation ?
L’été, je fais beaucoup la fête. La tournée « Stars 80 » bat son plein et chaque concert est l’occasion de profiter de repas délicieux et de s’amuser jusqu’à tard. Ensuite, quand je rentre à Biarritz, je revois mes copains et nous profitons des couchers du Soleil sur la Côte basque.
En buvant seulement de l’eau et en me nourrissant plus légèrement, j’arrive à éliminer les 2-3 kilos que je prends durant cette période de fête. J’essaie de repartir en tournée avec le poids que je me suis fixé pour rester en forme.
Ressentez-vous toujours la même passion musicale qu’à vos débuts ?
Quand j’étais petit, j’étais un fan. J’admirais les Beatles, les Stones, les groupes anglais cultes. En les écoutant, j’étais transporté dans les rues londoniennes. Mon idéal, c’était de jouer de la basse, d’être Paul McCartney.
Je voulais monter un groupe, mais je n’y suis jamais parvenu professionnellement. En revanche, en devenant interprète, j’ai pu faire mes premiers pas dans le monde de la musique. Puis, dans les années 1980, j’ai commencé à écrire mes propres chansons.
Je ressens toujours ce plaisir de me dire que ma vie aurait été très différente si je n’avais pas osé me lancer.
Je ne me souciais pas de la popularité potentielle de mes œuvres. J’espérais simplement pouvoir vivre de la musique et c’est ce qui s’est passé, au-delà de mes attentes.
J’ai vraiment de la chance de pouvoir vivre une aventure musicale et humaine qui sort des sentiers battus. Évidemment, il faut un peu de talent, mais je crois qu’il faut aussi beaucoup de chance. Et c’est mon cas. Disparue et Macumba passent souvent dans les bars. Cela fait toujours plaisir d’entendre mes créations, 40 ans plus tard. Honnêtement, j’ai travaillé pour que cela arrive. Je prends toujours du plaisir. Je suis quelqu’un d’assez solaire. La vie est belle !
Comment vos enfants vivent-ils votre célébrité ?
Dans les années 1990 où le rap arrivait, les boys band et la pop étaient relégués à quelque chose de passéiste pour mon fils. Aujourd’hui, il a des magasins à Biarritz et tout le monde lui parle de moi.
Pour ma fille, qui a 24 ans, cela a été différent puisqu’elle a vécu mon renouveau, avec des salles qui se remplissaient de plus en plus, avec le film « Stars 80 » en 2012…
Elle est même venue avec moi dans le bus de la tournée. Ces moments resteront gravés.
Même le jour où je ne serai plus là, je pense qu’elle repensera à ce qu’on a vécu d’incroyable dans ce bus de tournée, d’aller de ville en ville, de se coucher tard. C’était formidable !
Quelle a été la réaction de vos parents par rapport à votre vocation musicale ?
C’était une catastrophe. J’étais bon en maths et ils me voyaient sûrement entrer dans un cabinet d’ingénieur en informatique.
Pour les rassurer, j’ai fait un DUT, puis je leur ai dit que je voulais faire de la musique mon métier.
J’avais des parents âgés donc ils n’ont pas très bien compris cette décision et malheureusement ils n’ont pas connu mon succès. C’est une douleur terrible, car ils sont partis très vite. Ils ont quitté un adolescent dans la lune et ne m’ont pas connu sous un jour plus lumineux.
Aujourd’hui, êtes-vous serein ?
Je pense qu’il faut arriver à sublimer tous ces chaos de la vie. J’ai traversé un divorce, j’ai subi assez jeune la perte de mes parents et j’ai vécu ce succès qui aurait pu être destructeur.
Je me sens plutôt bien dans ma peau, je m’en sors bien parce que j’aurais pu dériver davantage. Durant les années 1980, on a fait feu de tout bois : c’était la fiesta.
Je ne suis pas blasé par la musique et je suis toujours le gamin qui a rêvé de voir les Beatles un jour en studio.
Que diriez-vous à ce « gamin » après tout ce que vous avez vécu ?
Je lui dirais « surtout, ne me quitte pas ».
« Stars 80 », toujours en tournée !
Du 9 décembre 2025 au 4 août 2026, la troupe « Stars 80 » repart en tournée dans toute la France avec leur concert « Stars 80 Forever ». De Cookie Dingler à Émile et Images en passant par Jean-Pierre Mader, les plus grands artistes francophones des années 1980 viendront faire danser leurs fans sur leurs plus grands morceaux !
Par Corentin Bell
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