C’est chaque année l’une des principales causes d’hospitalisation des nourrissons : la bronchiolite, une infection respiratoire, certes bénigne, mais qui peut être impressionnante et source de stress pour les parents. Petit guide des moyens pour s’en prémunir et de la marche à suivre en cas d’infection.
La bronchiolite, c’est quoi ?
Comme son nom le suggère, la bronchiolite est une infection respiratoire, virale le plus souvent, qui touche les bronchioles, la ramification terminale des bronches, qui permettent l’accès de l’air aux alvéoles pulmonaires. Elle concerne principalement les enfants avant l’âge de 2 ans et se caractérise par une gêne respiratoire — toux, respiration rapide et sifflante — parfois impressionnante.
Le VRS, principal agent de la bronchiolite
Dans la très grande majorité des cas, la bronchiolite est due au VRS, un virus saisonnier qui, à l’instar de celui de la grippe, circule généralement entre octobre et mars, avec un pic durant le mois de décembre. D’autres virus et même certaines bactéries peuvent plus rarement être en cause.
Un problème de santé publique
Bénigne la plupart du temps, la bronchiolite est devenue un problème de santé publique en raison du grand nombre d’enfants qu’elle concerne chaque année. Santé Publique France estime que chaque année, environ 2 à 3 % des enfants de moins de 1 an sont hospitalisés pour une bronchiolite sévère. Dans de rares cas, elle peut même imposer une admission en réanimation. Aussi, depuis 2 ans, les autorités sanitaires mettent en place une campagne de prévention contre le principal agent de la bronchiolite, le virus respiratoire syncytial (VRS), pour en limiter le fardeau.
Les symptômes de la bronchiolite
- La bronchiolite débute par un simple rhume, avec une toux sèche et un nez bouché ou qui coule. Au cours de l’évolution, la toux devient plus fréquente et grasse.
- Le nourrisson peut avoir de la fièvre, mais ce n’est pas systématique.
- Outre la toux, la bronchiolite se manifeste par une respiration rapide et sifflante, donnant parfois l’impression d’un essoufflement du nourrisson. Cette gêne respiratoire peut entraîner des difficultés alimentaires.
- L’infection par le VRS provoque une inflammation de la paroi des bronchioles et une augmentation des sécrétions à l’origine de leur obstruction, et des difficultés respiratoires qui en découlent.
5 à 10 jours
La bronchiolite guérit spontanément en 5 à 10 jours,
mais la toux peut perdurer pendant 2 à 4 semaines.
Une maladie extrêmement contagieuse
Très contagieux, le VRS peut se transmettre par contact direct : d’une personne à l’autre par la salive, la toux et les éternuements. La contamination peut aussi se faire de manière indirecte, par l’intermédiaire des mains ou d’objets souillés par la salive : tétines, jouets, doudous, couverts… À noter, que les adultes et grands enfants porteurs du VRS n’ont habituellement aucun symptôme ou un simple rhume, d’apparence anodine. Une grande vigilance s’impose donc lors de la période épidémique.
Mieux vaut prévenir
Quelques mesures simples pour limiter la transmission à votre bébé
- Lavez-vous les mains avec de l’eau et du savon ou avec une solution hydroalcoolique avant et après chaque contact (change, tétée, repas, câlin…)
- Lavez régulièrement ses jouets et peluches
- Aérez quotidiennement sa chambre et les pièces à vivre
- Ne partagez pas ses biberons, sucettes ou couverts non lavés
- Évitez de l’emmener dans des endroits publics confinés (transports en commun, centres commerciaux…)
- Limitez les visites au cercle des adultes très proches et non malades, en évitant les bisous et passages de bras en bras
- Si vous êtes vous-même malade, portez un masque lorsque vous vous occupez de lui, et évitez de l’embrasser sur le visage ou sur les mains
- Évitez de l’exposer au tabagisme passif
Deux outils de prévention à disposition (voir tableau)
Depuis l’automne 2023, le ministère de la Santé met en place une campagne de prévention de la bronchiolite lors de la période de circulation du VRS.
Cette année, elle a débuté le 1er septembre 2025.
Elle repose sur deux outils : la vaccination maternelle et l’immunisation des nouveau-nés. Aucune donnée scientifique ne permet actuellement de privilégier l’une de ces deux techniques au détriment de l’autre. Ce choix est laissé aux parents.
450 000
La campagne de prévention 2024 ‑2025 a permis de protéger 450 000 nourrissons d’une forme grave de bronchiolite, a annoncé le ministère de la Santé.
Et en cas de bronchiolite ?
Comment soulager votre bébé ?
Si votre enfant présente des symptômes évocateurs de la bronchiolite, le premier réflexe est de consulter votre médecin habituel. En effet, la bronchiolite ne relève pas de l’automédication et un examen médical est toujours indispensable pour évaluer son état de santé. S’il n’existe pas de traitement pour soigner la maladie ou accélérer la guérison, quelques mesures utiles permettent de soulager votre enfant. Aussi, pour son confort respiratoire, il est recommandé de :
- laver et déboucher son nez autant de fois que nécessaire, y compris la nuit, à l’aide d’une dosette de sérum physiologique à usage unique. Avant 6 mois, les nourrissons respirent uniquement par le nez, donc cette mesure est primordiale. Par ailleurs, une désobstruction nasale est recommandée avant chaque repas pour faciliter la tétée ;
- lorsqu’il est éveillé, le garder droit, ce qui peut l’aider à mieux respirer ;
- pour dormir, de le coucher sur le dos, comme habituellement.
Pour faciliter les prises alimentaires et maintenir une bonne hydratation, il est recommandé de :
- lui proposer fréquemment de boire de l’eau ;
- fractionner les repas en petites quantités à intervalles rapprochés. Il est fréquent que les nourrissons vomissent au moment des épisodes de toux. Lui administrer son repas habituel en petites rations permettra de couvrir ses besoins énergétiques tout en le fatiguant moins.
Quand s’inquiéter ?
Bien qu’impressionnante, la gêne respiratoire fait partie de la maladie. Il convient donc de ne pas s’inquiéter tant qu’elle reste modérée et bien tolérée par l’enfant.
En revanche, il est recommandé d’appeler le 15 ou le 112 si :
- il est âgé de moins de 2 mois ;
- il est né prématurément ;
- il a déjà une maladie cardiaque, maladie respiratoire, déficit immunitaire ou handicap qui l’empêche de tousser ;
- il boit moins de la moitié de ses biberons lors de trois repas consécutifs ou ne parvient pas à téter en cas d’allaitement maternel ;
- il vomit systématiquement ;
- il dort en permanence, manque de tonus, ou au contraire pleure de manière inhabituelle, est agité et ne parvient pas à s’endormir ;
- il est pâle et ses lèvres ou ses doigts bleuissent ;
- il a de plus en plus de mal à respirer : sa respiration est rapide et plus courte ou irrégulière et lente, il fait des pauses respiratoires, il présente des battements des narines, ou que les espaces entre ses côtes et au-dessus de ses clavicules se creusent.
Les 5 étapes pour laver le nez de bébé au sérum physiologique
1 • Allongez votre bébé sur le côté (ou éventuellement sur le ventre). En maintenant sa tête sur le côté, vous éviter les « fausses routes ». C’est donc impératif ! Au besoin, faites-vous aider pour maintenir votre enfant dans cette position.
2 • Placez doucement l’embout de la dosette à l’entrée de la narine située le plus haut vers vous.
3 • Appuyez sur la dosette pour vider son contenu dans la narine. En même temps, fermez la bouche du bébé, afin que le sérum et les sécrétions nasales coulent par l’autre narine.
4 • Attendez que votre bébé ait dégluti correctement et que les sécrétions du nez se soient bien écoulées.
5 • Essuyez son nez à l’aide d’un mouchoir jetable.
Par Julien Dabjat
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