Chaque année, des millions de Français tombent, des tout-petits aux séniors. Si certaines dégringolades sont sans gravité, d’autres provoquent traumatismes, hospitalisations ou décès. Populations concernées, contextes à risque, conséquences, solutions… Vocation Santé vous explique comment faire pour que la chute ne soit pas une fatalité.
Les chutes concernent toutes les tranches d’âge de la population, mais n’ont pas les mêmes conséquences.
L’apprentissage de la marche, du vélo, jouer dans la cour de récréation ou descendre les escaliers en courant exposent les enfants à des chutes fréquentes, souvent bénignes, parfois graves (fractures du poignet, du bras, commotions). Les chutes sont la première cause de traumatismes (notamment maxillo-faciaux) chez les enfants quand ils apprennent à marcher ou à faire du vélo. En plus d’un impact physique, la chute peut entraîner la peur de retomber ou une perte de confiance, surtout chez les moins casse-cous.
Gamelles, mauvaises réceptions, faux pas… Inévitables en sport ?
Les activités à risques sont nombreuses et en toutes saisons. Chaque année, d’après le ministère de la Santé, environ 55 000 accidents liés au vélo, roller ou skate sont comptabilisés, engendrant des coûts sociaux et médicaux élevés. En toute logique, la majorité des accidents de sports d’hiver sont dus à des chutes, avec des conséquences variables selon la discipline : entorses du genou en ski, fractures du poignet en snowboard. Téméraires, les adolescents constituent la catégorie d’âge au taux d’accidents le plus élevé, mais ce sont les séniors qui subissent des conséquences plus graves : fractures multiples, hospitalisations prolongées.
Chaque année,
55 000 accidents
liés au vélo, roller ou skate sont comptabilisés.
Source : ministère de la Santé
Anatomie d’une chute
Sol glissant, obstacle mal vu, chaussage inadapté… Les chutes surviennent souvent dans des lieux mal éclairés ou encombrés. En milieu professionnel, elles représentent 20 % des accidents du travail et 25 % des dépenses d’indemnisations, indique l’Assurance maladie.
Les chutes de plain-pied – glissade ou trébuchement – sont responsables d’arrêts de travail longs, soit plus de 70 jours en moyenne, et de séquelles parfois définitives. Dans certains cas, elles conduisent à une désocialisation ou une perte d’emploi.
Pour les séniors, tout est un piège
Après 65 ans, une personne sur trois chute chaque année, et la moitié après 80 ans. Les causes sont multiples : troubles de l’équilibre, ostéoporose, effets indésirables des médicaments, comme les anxiolytiques, environnement domestique mal adapté sans compter la baisse de la vue, une agilité moindre… Les chutes des séniors entraînent plus de 130 000 hospitalisations et 10 000 décès par an et représentent la première cause de traumatismes physiques chez les plus de 70 ans. Fracture du col du fémur, syndrome post-chute (peur de marcher, isolement), perte d’autonomie et entrée en dépendance en découlent.
Aussi, afin de profiter le plus longtemps possible de notre autonomie, quel que soit notre âge, la prévention et l’adaptation sont essentielles.
Interdiction des barrières sur les lits d’hôpital
L’usage de la contention, dont les barrières de lit, est strictement encadré par la loi : elle ne peut être utilisée qu’en dernier recours, uniquement pour des patients en hospitalisation complète sans consentement, et toujours sur décision médicale. Toute autre utilisation est donc interdite. Cette mesure vise à respecter la dignité et les droits des patients, mais peut entraîner l’incompréhension des familles. Un entrepreneur témoigne ainsi : « ma mère de 95 ans a été hospitalisée pour une fracture du col du fémur. Au 5e jour, un anxiolytique lui a été administré avec un effet paradoxal. Désorientée, elle a voulu se lever durant la nuit et est tombée, restant seule, au sol, jusqu’au matin. Les conséquences sont lourdes ; en chutant, elle s’est cassé l’autre col du fémur. Les barrières de lit auraient empêché une 2e fracture ». Toutefois, la littérature scientifique ne met pas en évidence l’augmentation de risques de chute en l’absence de barrières, mais plutôt les risques potentiels des contentions. De fait, la contention, surtout si elle dure, favorise la fonte musculaire, la perte osseuse et le déconditionnement physique qui entraîne une désadaptation à la marche. Les risques de chutes sont alors augmentés. Le sujet fait donc débat, mais ce qui doit primer est la dignité de la personne et la prise en compte de ses fragilités.
Quelques astuces pour prévenir les chutes et leurs conséquences chez les personnes âgées
Chez soi
Supprimer les tapis glissants, faire installer des barres d’appui dans la salle de bain, améliorer l’éclairage, choisir des chaussures antidérapantes, positionner ses affaires à portée de main, se lever lentement, utiliser une canne ou un déambulateur, apprendre à se relever même si vous n’êtes pas tombé.
En cas de chute
• Savoir se protéger la tête ;
• Éviter de tendre les bras pour amortir une chute (risque de fracture du poignet) ;
• Essayer de rouler sur le côté pour répartir l’impact ;
• Appeler à l’aide si impossibilité de se relever.
Pratiquer une activité physique adaptée (APA)
La HAS recommande la pratique d’une activité physique régulière afin de « mettre en jeu les fonctions d’équilibration, le renforcement musculaire et l’endurance » et de limiter « la sédentarité ». L’APA fait partie des facteurs qui permettent de réduire « les chutes, les chutes avec blessures et les coûts de santé ».
▶ Pour trouver un praticien : www.sfp-apa.fr/annuaire
Vous êtes âgé(e) ?
Adoptez la bonne technique pour vous relever : suivez les étapes sur le site de l’Assurance maladie en cliquant ici.
Par France Delory
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