Peut-on réellement perdre 10 ans avec une crème antiride ? Vocation Santé décrypte pour vous les étiquettes de vos cosmétiques.
Rides, perte de densité, relâchement cutané, taches, teint terne… Avec l’âge, la peau s’abîme et perd de son éclat. Désormais, dès la trentième bougie soufflée, les marques cosmétiques nous invitent à consommer divers sérums et crèmes « anti-âge », « jeunesse » ou « antirides ». Des soins dont les prix varient souvent de 5 à 200 euros.
Ces prix élevés se justifient-ils ?
Commençons par les bases : le propre d’un cosmétique est une action en surface. Il n’aura donc jamais pour vocation d’agir en profondeur, car il tombera sous la réglementation du médicament. Fini donc les promesses de réparation de l’ADN ou de comblement total des rides.
Les soins anti-âge se cantonnent donc à une action en surface. Quels résultats peut-on donc décemment attendre ? Une action hydrante pour commencer, car une peau desséchée marquera davantage les ridules qu’une peau repulpée. Une action mécanique ensuite, grâce à des actifs qui vont flouter la peau sur le moment, ou lui rendre sa luminosité.
Enfin, les soins anti-âge peuvent répondre aux différentes problématiques du vieillissement cutané, en réduisant les taches brunes, par exemple, les rougeurs ou l’aspect des cicatrices.
Des actifs hydratants
Une peau jeune est avant tout une peau hydratée. Pour cela, le soin devra combiner actifs qui retiennent les molécules d’eau dans l’épiderme (hygroscopiques), et ingrédients occlusifs, gras.
Parmi les hygroscopiques stars : la glycérine (glycerine, glycerol), qui préserve l’hydratation de la couche cornée. La glycérine peut retenir jusqu’à un quart de son volume en eau. Elle représente généralement 3 % de la formule finale. Car, au-delà de 6 %, elle devient desséchante.
Autre composant phare des soins anti-âge : l’acide hyaluronique (hyaluronate sodium), capable de retenir jusqu’à mille fois son poids en eau. Avec la glycérine et l’acide hyaluronique, les molécules d’eau sont retenues sous la peau, évitant la déshydratation et donnant un aspect moins fripé.
Des ingrédients relipidants
Pour empêcher l’eau de s’échapper, les anti-âge doivent également intégrer des ingrédients occlusifs, qui forment un film protecteur à la surface de la peau. Il peut s’agir d’huiles végétales riches (bourrache, avocat, tournesol, germe de blé…), d’huiles minérales (paraffine liquide, silicone), voire de cires synthétiques ou d’abeilles.
Les actifs antiradicalaires
Ces antioxydants vont empêcher les radicaux libres, responsables du vieillissement cutané, de s’accumuler sur la peau. Le plus connu est la vitamine E (tocophérol, acétate de tocophérol). L’action de la vitamine E est particulièrement intéressante car elle combine propriétés antioxydantes, photoprotectrices, hydrantes, tout en améliorant la microcirculation cutanée et en protégeant les constituants cellulaires essentiels.
L’huile de germe de blé, de maïs, de tournesol ou de soja en sont naturellement riches.
D’autres antiradicalaires peuvent être présents dans les soins anti-âge, comme l’ubiquinone (ou co-enzyme Q10), les caroténoïdes, le sélénium ou encore le nicotinamide. Les radicaux libres étant responsables d’inflammation de la peau, des actifs anti-inflammatoires comme le panthénol ou l’allantoïne peuvent également être intéressants.
Stimulants et régénérants cellulaires
Certaines protéines sont essentielles à la nutrition du derme et à la régénération cellulaire. C’est le cas de l’élastine ou encore du collagène, qui compose 75 % de la peau. À partir de 25 ans, nous perdons chaque année 1 % de collagène, et certains cosmétiques intègrent désormais des actifs capables de stimuler la production de collagène ou d’élastine. Ce sont la plupart du temps des acides aminés ou des peptides.
La vitamine C a également la capacité de stimuler la production de collagène, assortie d’une action exfoliante. Une action antitache est retrouvée dans des soins anti-âge intégrant des acides de fruits, comme l’acide glycolique.
Enfin, le rétinol, dérivé de la vitamine A, combine pour sa part une action exfoliante, tout en stimulant la régénération cellulaire. Attention toutefois, il peut être irritant pour les peaux sensibles !
Quelques conseils simples pour une peau jeune
- éviter l’exposition solaire et utiliser toujours une haute protection solaire
- hydrater sa peau quotidiennement, avec des soins non agressifs, adaptés à son type de peau
- ne pas fumer
- éviter les cosmétiques à base d’huiles essentielles, allergisantes, et d’alcool, desséchant
- ne jamais oublier de se démaquiller avant de dormir
Un soin anti-âge décrypté par Vocation Santé
Cette crème anti-âge, de jour, promet de combler la perte de densité. Sur le papier, elle coche de nombreuses cases : hydrante et occlusive, avec ses agents émollients, anti-oxydante, avec la vitamine E ou encore l’extrait de pois, anti-inflammatoire. Les peptides et le dérivé de vitamine C sont bien présents, pour stimuler la production de collagène. Enfin, le soin intègre une action esthétique immédiate, avec la silice et le mica synthétique. Néanmoins, alors que le soin promet de convenir aux peaux sensibles, la présence d’alcool, desséchant et sensibilisant, en haut de la liste est à déplorer ! Tout comme celle du phénoxyéthanol et du parfum.
Par Léa Galanopoulo





