C’est un phénomène qui concerne la moitié des hommes après 50 ans, mais aussi certaines femmes : l’alopécie androgénétique ou calvitie. Retour sur son mécanisme et certaines solutions disponibles pour y remédier.
Anatomie d’un cheveu
150 000
Une chevelure contient entre 100 000
et 150 000 cheveux.
Une question d’hormone et de génétique
Comment pousse un cheveux ?
Les cheveux ne poussent pas en continu, mais selon un rythme cyclique composé de trois phases bien distinctes.
La phase anagène
C’est la phase de pousse. Elle dure entre 2 et 6 ans.
La phase catagène
C’est l’arrêt de la pousse. Cette étape dure environ 3 semaines.
La phase télogène
C’est la phase de repos du cheveu : il reste attaché au cuir chevelu, durant 3 mois environ, avant de tomber et d’être remplacé par un nouveau cheveu.
Il s’ensuit une nouvelle phase anagène.
Des cycles sous influence
Chaque follicule pileux est capable d’assurer entre 20 et 25 cycles de pousse. Suffisamment pour garantir une chevelure dense pour toute une vie ! Mais ce capital est fragile. Il est soumis à l’influence de nombreux facteurs tels que l’alimentation, le stress, les changements de saison, ou certaines maladies, qui peuvent perturber la pousse de manière transitoire ou non.
Dans l’alopécie androgénétique, c’est un terrain génétique particulier – plus de 100 gènes impliqués – qui rend les follicules pileux du dessus du crâne plus sensibles à l’action d’une hormone dérivée de la testostérone, la dihydrotestostérone ou DHT. Ainsi, chez certaines personnes génétiquement prédisposées, cette hormone raccourcit la phase de pousse des cheveux, la phase anagène, entraînant leur chute prématurée. Résultat : le stock de 20-25 cycles, censés durer toute la vie, s’épuise en quelques années.
Une miniaturisation des cheveux
Mais ce n’est pas tout ! En forçant le follicule à travailler en accéléré, la DHT provoque également sa miniaturisation progressive. À chaque nouvel enchaînement de cycle, le cheveu qui repousse est plus fin, plus court et moins pigmenté, jusqu’à prendre l’aspect d’un duvet quasi invisible. C’est ce processus, et non la chute brutale, qui crée l’apparition progressive de zones dégarnies caractéristiques de l’alopécie androgénétique.
plus de 100
Une chute de cheveux est considérée comme anormale lorsqu’elle dépasse 100 cheveux par jour.
Un profil différent chez l’homme et la femme
Chez l’homme
La perte débute généralement au niveau des tempes – zone où les follicules sont le plus sensibles à la DHT – pour ensuite toucher le front et s’étendre progressivement au sommet du crâne. À noter que les cheveux du pourtour du crâne, la couronne d’Hippocrate, sont généralement épargnés, car moins sensibles à la DHT.
Chez la femme
L’alopécie androgénétique peut aussi toucher les femmes. Chez elles, la perte des cheveux se localise plutôt sur le dessus du crâne, au niveau de la raie. Contrairement à l’homme, la perte est plus diffuse. Si elle peut survenir à tout âge, c’est au moment de la ménopause que l’alopécie androgénétique se manifeste le plus souvent.
Quelles solutions contre l’alopécie androgénétique ?
Compléments alimentaires et shampoings : attention aux faux espoirs
Les compléments alimentaires ne visent qu’à améliorer la santé des cheveux en leur apportant des nutriments. Leur efficacité dans l’alopécie androgénétique n’a jamais été démontrée.
Quant aux shampoings « antichute », ils ne permettent pas non plus de stopper ou freiner cette chute hormonale. Non seulement car leur temps de contact avec le cheveu est très réduit mais aussi car la cause de la chute se situe plus en profondeur, au niveau du bulbe. En revanche, ils laissent un film sur la tige, qui donne une impression de volume.
Le minoxidil, pour stimuler la pousse
Seul traitement en vente libre reconnu pour enrayer la chute liée à l’alopécie androgénétique, le minoxidil est une molécule vasodilatatrice qui, appliquée sur le cuir chevelu – elle se présente en lotion ou en mousse –, prolonge la phase anagène. Il est toutefois important de noter que son efficacité varie selon les personnes, et que les premiers bénéfices ne se font sentir qu’après quelque mois de traitement, et sont réversibles à l’arrêt.
Deux dosages sont disponibles : 2 % pour le traitement de l’alopécie androgénétique chez les femmes et 5 % chez les hommes. Bien que ce traitement soit accessible sans ordonnance, il est préférable de consulter un dermatologue avant de se tourner vers cette option, notamment pour s’assurer que la chute est bien la conséquence d’une alopécie androgénétique et exclure les autres causes possibles.
Le finastéride, uniquement chez les hommes
Disponible uniquement sur ordonnance, le finastéride agit en bloquant la transformation de la testostérone en DHT. Comme le minoxidil, son effet peut varier selon les personnes. Ce traitement se présente en comprimés ou en lotion à appliquer sur le cuir chevelu. À noter qu’il possède plusieurs effets indésirables lourds – troubles de la libido, dépression avec idées suicidaires – qui conduisent parfois à son arrêt, et qu’il est contre-indiqué chez la femme.
La greffe, la solution de redistribution
Enfin, dernière solution, souvent dernière option pour les formes les plus avancées d’alopécie androgénétique : la greffe de cheveux. Le principe : l’extraction de follicules pileux au niveau de la couronne hippocratique, puis leur implantation dans les zones dégarnies.
Par Julien Dabjat
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