Rappel de vaccin, variation de l’efficacité, fièvre… Que faut-il connaître sur les vaccins ? Virologue à l’Institut Pasteur et directeur adjoint du Centre national de la grippe, Vincent Enouf répond à vos questions.
« Pour quelle raison le vaccin contre la grippe est-il plus efficace certaines années plutôt que d’autres ? »
Élise, 22 ans
Vincent Enouf : Cela dépend du virus majoritaire qui circule pendant l’année en question. Généralement, la vaccination contre le virus de type A (H3N2) est un peu moins efficace que celle contre le sous-type A (H1N1) pdm09. De même, l’efficacité vaccinale vis-à-vis des virus de type B est habituellement bonne. En réalité, l’efficacité d’un vaccin dépend de la moyenne des Efficacités Vaccinales (EV) de l’ensemble des virus qui circulent pendant une saison donnée. Les retombées sanitaires de la campagne vaccinale sont toujours mesurées en fin de saison.
« Comment se fait-il que j’aie de la fièvre après un vaccin et mal au bras ? »
Claire, 53 ans
Vincent Enouf : Le principe du vaccin antigrippal est d’injecter des parties du virus cible, que l’on appelle des antigènes. L’administration de ces antigènes va activer le système immunitaire et déclencher la fabrication d’anticorps. Tout cela peut effectivement provoquer un peu de fièvre, ce qui est bon signe ! Cela signifie que votre corps est en train de « combattre », de préparer ses anticorps.
Le mal de bras post-vaccination est également un effet secondaire. Il s’agit d’une réaction à la vaccination qui est tout à fait normale.
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C’est la proportion des personnes âgées de 65 ans correctement vaccinées contre la DTP (diphtérie, tétanos et poliomyélite) ou contre la grippe en 2024, selon Santé publique France.
« J’ai déjà eu l’impression d’être malade à cause d’un vaccin. Est-ce possible ? »
Noah, 38 ans
Vincent Enouf : Plus vous vous faites vacciner tard dans la saison, plus vous avez un risque d’être infecté par le virus, car celui-ci a eu le temps de circuler dans la population. Si vous êtes malade après un vaccin, cela est sans doute dû aux effets secondaires qui peuvent être plus ou moins forts, mais il est également possible d’avoir été infecté par la grippe ou un autre virus respiratoire juste avant ou juste après l’administration de la dose vaccinale. C’est simplement arrivé en même temps.
« Pourquoi le vaccin contre la grippe est-il proposé chaque automne/hiver ? »
Michel, 67 ans
Vincent Enouf : Pour différentes raisons. La campagne vaccinale débute toujours en octobre et s’étend jusqu’en février/mars. Pour l’instant, celle du Covid se fait en même temps par facilité. En réalité, on ne sait pas encore si le Covid-19 est un virus qui va avoir une réelle saisonnalité ou circuler tout le temps, comme le rhinovirus par exemple.
Quand les températures baissent, les muqueuses respiratoires sont agressées et sont plus à même d’être infectées par des virus. Aussi, lorsqu’il fait froid, nous avons tendance à moins ouvrir les fenêtres, à moins aérer et à être plus proches les uns des autres. Tout cela facilite l’infection par nos voisins. De nombreuses raisons environnementales font que durant cette période, la circulation d’un virus est favorisée par nos habitudes quotidiennes, mais aussi par la capacité de conservation du virus à de faibles températures. Il faut qu’il fasse froid et humide pour que les virus circulent facilement. Un froid trop sec favorise l’inactivation du virus.
La piqûre de rappel
Pour certains vaccins, la mémoire immunologique dure moins longtemps que pour d’autres. Plusieurs injections sont alors nécessaires pour continuer à être protégé. C’est le cas de celui contre la DTP (diphtérie, tétanos et poliomyélite) par exemple, dont les rappels à l’âge adulte sont recommandés à 25, 45 et 65 ans, puis tous les dix ans. Avec le temps, le corps oublie comment combattre cet agent infectieux, d’où l’importance de réexposer le microbe pour qu’il le garde en mémoire. Il se peut également que le virus évolue. C’est le cas de la grippe, dont le vaccin doit être mis à jour chaque année pour s’adapter aux mutations de celui-ci.
« Puis-je me faire vacciner contre le Covid-19 alors que j’ai la grippe ? »
Youssef, 31 ans
Vincent Enouf : Il vaut mieux éviter. Si vous êtes malade, votre système immunitaire est déjà bien stimulé, et vous êtes également fatigué. L’idée est d’éviter que vous vous sentiez encore plus mal que ce que vous l’êtes, puisque vous êtes atteint du Covid. On va donc attendre que vous ne soyez plus infecté ou, du moins, que vous soyez en meilleure santé pour vous vacciner. En revanche, cela ne change rien en termes d’efficacité. On évite simplement de le faire pour votre confort.
« Qu’est-ce qu’un vaccin vivant atténué ? »
Madeleine, 19 ans
Vincent Enouf : Les vaccins vivants atténués sont, par exemple, ceux contre les oreillons et la rubéole, la fièvre jaune, la tuberculose ou la varicelle. Ce type de vaccins contient une version vivante, mais affaiblie du virus ou de la bactérie pour induire une protection contre la maladie. Ils ne rendent pas malade.
Certains sont administrés par la voie intranasale, à l’instar du vaccin vivant atténué antigrippal. L’avantage est que les enfants l’acceptent mieux que l’aiguille. Surtout, l’injection va suivre le chemin emprunté naturellement par le virus lors de l’infection [NDLR : via les voies respiratoires]. Cela offrira une meilleure protection que l’administration faite directement dans le bras.
À 65 ans, combien de doses pour le vaccin contre le pneumocoque ?
L’administration d’une dose unique de vaccin est proposée aux séniors. En revanche, le calendrier vaccinal de cette population a légèrement changé : suite à l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) en janvier 2025, la vaccination contre les infections à pneumocoques est recommandée pour toutes les personnes âgées de 65 ans et plus, qu’elles présentent ou non un risque d’infections graves à pneumocoques. Ce vaccin peut être prescrit et administré en officine.
Par Cléo Derwel
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