Quand la chaleur frappe, l’organisme dérape. En été 2025, 5 722 décès étaient attribuables à la montée des températures, selon Santé publique France. Les insolations et les coups de chaleur font partie des conséquences les plus communes du réchauffement de l’environnement sur le corps.
Lors d’une exposition prolongée à la chaleur, l’organisme monte en température jusqu’à ne plus arriver à se refroidir avec la transpiration. Les insolations et les coups de chaleur peuvent générer des symptômes potentiellement graves. « Une fièvre de 39-40° se déclare, le corps devient rouge et chaud, une sensation de malaise, de désorientation et des vertiges s’installent », décrit le Dr François-Xavier Moronval, médecin urgentiste au centre hospitalier Émile Durkheim à Épinal et fondateur de la chaîne Youtube Doc FX. Il tient à préciser : « parfois, dans des cas plus alarmants, les patients sont susceptibles de présenter des troubles de la conscience voire des comas ».
1 à 4 %
de la mortalité estivale est attribuable à la chaleur chaque année.
Source : Santé publique France.
Les bons réflexes face à une insolation ou un coup de chaleur
- Placer la victime dans une pièce fraîche
- La maintenir hydratée en la faisant boire beaucoup d’eau
- Mouiller son corps avec un vaporisateur d’eau et des gants humides
- Si la sensation de malaise persiste, contacter le Samu en composant le 15
Insolation et coup de chaleur : quelles différences ?
Bien que similaires, les insolations et les coups de chaleur se différencient essentiellement sur leur gravité et leur survenue. Les insolations se limitent généralement à une hyperthermie bénigne provoquée par une exposition solaire prolongée et guérissent en quelques heures de repos accompagnées d’une bonne hydratation.
Les coups de chaleur, quant à eux, peuvent correspondre à une insolation aggravée nécessitant une prise en charge médicale, mais ne sont pas forcément provoqués par une exposition au soleil.
« Les personnes se sentent invulnérables et n’appliquent pas les précautions nécessaires »
Certaines populations doivent être surveillées avec plus d’attention. « Les individus à risques sont les enfants et les personnes âgées », précise l’urgentiste. Cependant, les jeunes adultes doivent rester vigilants. « Ce n’est pas parce que l’on a 30 ans que l’on est invincible. J’ai déjà eu des cas de jeunes ouvriers qui travaillaient sur les toits sans casquette et qui ont fait des malaises en hauteur », alerte le Dr François-Xavier Moronval.
Lorsque les effets du coup de chaleur se prolongent, il ne faut pas hésiter à contacter les urgences. « Si la victime présente une sensation de malaise persistante qui dure depuis plus d’une demi-heure sans amélioration, malgré une bonne hydratation et un maintien au frais, alors il faut appeler le SAMU », souligne l’urgentiste.
Bien s’hydrater et rester au frais
Pour prévenir ces situations parfois graves, des précautions doivent être mises en place. L’hydratation joue un rôle clé dans la régulation de la température corporelle. Le ministère de la Santé recommande de boire au moins 1,5 litre d’eau par jour en moyenne pour un adulte et 800 à 1 000 ml par jour pour les enfants âgés de 1 à 2 ans. Les autorités rappellent aussi l’importance de mouiller son corps, en se vaporisant de l’eau sur le visage et en appliquant régulièrement un gant humide sur les bras et le cou.
Qui plus est, il est essentiel de maintenir les pièces de vie fraîches. Durant les périodes de canicule, l’idéal est de fermer les volets le jour, et aérer la nuit.
Certaines pratiques doivent être proscrites lors de fortes chaleurs comme la consommation d’alcool en journée ou encore les activités sportives en extérieur. « Lorsque l’on sort, il faut penser à porter un couvre-chef et éviter de partir faire un footing aux horaires où il fait le plus chaud », explique le Dr François-Xavier Moronval. Et d’ajouter : « il vaut mieux se dépenser tôt le matin ou le soir ».
Une meilleure prévention en EHPAD
Dans les Ehpad, la mise en place d’un plan canicule l’été 2025, du 1er juin au 15 septembre, a permis au personnel de mieux prendre en charge les résidents lors de périodes de fortes chaleurs. En suivant des protocoles adaptés à plusieurs niveaux de vigilance, allant de vert à rouge en cas de canicule extrême, les soignants s’assurent de la bonne hydratation des personnes âgées. Ils veillent également à maintenir leur environnement frais.
« Il y a eu une amélioration de la prévention des coups de chaleur et des insolations ces dernières années dans les maisons de retraite et dans les crèches », se réjouit le Dr François-Xavier Moronval. « C’est plutôt à domicile que le bât blesse. Nous avons souvent l’impression que les personnes se sentent invulnérables et n’appliquent pas les précautions nécessaires pour se protéger », conclut l’urgentiste.
Retrouvez Doc FX sur sa chaîne Youtube en cliquant ici
Par Corentin Bell
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