Aujourd’hui encore, un amalgame courant persiste entre l’anémie et la carence en fer. Pourtant, l’une n’implique pas forcément l’autre. Alors, comment les différencier et comment y remédier ?
Parmi les problématiques de santé les plus courantes, se trouve l’anémie. En effet, cette affection concerne 15 % des bilans sanguins. Elle se caractérise par un taux d’hémoglobine anormalement bas. L’hémoglobine est une protéine présente dans les globules rouges, permettant d’acheminer l’oxygène partout dans l’organisme. C’est d’ailleurs elle qui donne sa couleur rouge au sang. Elle se compose de 4 sous-unités, les chaînes de globine, qui possèdent chacune un atome de fer, permettant de capter une molécule d’oxygène.
Lorsque l’hémoglobine se fait rare
Puisque les hémoglobines assurent l’oxygénation nécessaire aux cellules de l’organisme pour se maintenir en vie, être anémié entraîne fatique, pâleur et essoufflement, en raison de ce manque d’apport en oxygène.
On parle d’anémie lorsque le taux d’hémoglobine est inférieur à ces valeurs seuils :
– 140 g/l (gramme par litre de sang) chez le nouveau-né ;
– 130 g/l chez l’homme adulte ;
– 120 g/l chez la femme adulte ;
– 105 g/l chez la femme enceinte, à partir de son deuxième trimestre de grossesse.
60 %
des femmes souffrant de règles abondantes sont touchées par une carence en fer ou bien par une anémie ferriprive.
L’anémie au pluriel
Comme l’explique Alexandre Janel, biologiste médical au sein du laboratoire Inovie Gen-Bio à Clermont-Ferrand, et pilote de la commission hématologie pour les laboratoires Inovie, les cas d’anémie sont très courants : « Plus de 15 % des bilans sanguins révèlent une anémie. Il s’agit de l’anomalie biologique la plus fréquente en France et dans le monde ».
Par ailleurs, il faut savoir qu’il n’y a pas un, mais plusieurs types d’anémie, qui se classent selon l’aspect des globules rouges, la cause de l’anémie ou encore le caractère régénératif ou non de la moelle osseuse, endroit où sont fabriqués les globules rouges.
Le biologiste médical souligne que « la carence en fer est une des causes qui peut expliquer une anémie, mais toutes les anémies ne se résument pas à un manque de fer ». Cependant, l’anémie ferriprive, c’est-à-dire par manque de fer, demeure la plus fréquente : « On estime qu’un tiers des anémies sont liées aux carences en fer ».
Certaines anémies dépendent de la taille des globules rouges ainsi que de leur taux dans le sang. En temps normal, la taille normale des globules rouges est de 7 à 8 micromètres de diamètre, leur nombre se situe entre 3,8 à 4,8 millions par ml chez la femme et entre 4,5 à 5,5 millions par ml chez l’homme.
Néanmoins, chez certaines personnes, les globules rouges peuvent être trop petits. On parle d’anémie microcytaire, qui se traduit donc par la production de globules rouges plus petits que la norme lorsque ces derniers manquent d’hémoglobine. Les causes peuvent être toxiques ou génétiques et engendrent un ralentissement ou un blocage de la production des globules rouges dans la moelle osseuse. A contrario, l’anémie macrocytaire se caractérise par des globules rouges plus gros, en raison d’une carence en vitamine B12 ou en acide folique par exemple.
Enfin, l’anémie normocytaire, qui peut être provoquée par une infection chronique type tuberculose ou bien par une maladie génétique comme la drépanocytose, se définit par un nombre insuffisant de globules rouges, leur taille elle, reste normale.
Confusion car symptômes en commun
L’anémie se manifeste la plupart du temps par une fatigue, une pâleur, des maux de tête, un essoufflement, ou encore des vertiges. Généralement, ces signes s’apparentent à ceux de la carence en fer : « Comme les carences en fer entraînent souvent des anémies, les symptômes seront les mêmes. Cependant, chez les patients carencés en fer, on peut avoir les phanères – les cheveux ou les ongles – qui cassent plus facilement, une baisse de l’immunité, mais cela reste des effets qui surviennent a posteriori », expose Alexandre Janel.
Les règles abondantes : une cause de l’anémie
Les règles abondantes, aussi appelées ménorragies, se caractérisent par des pertes de plus de 80 ml par cycle pendant 7 jours ou plus. L’enquête menée par l’institut de sondage RED Ipsos BVA, publiée en décembre dernier, révèle qu’elles concernent aujourd’hui 2 femmes sur 3. Les ménorragies affectent la vie des femmes sur plusieurs plans : psychologique, social, professionnel et sans surprise, sur le plan physique. Il faut savoir que 60 % des femmes souffrant de règles abondantes sont touchées par une carence en fer ou bien par une anémie ferriprive. C’est la raison pour laquelle il est essentiel de réaliser un bilan sanguin, afin de détecter une potentielle anomalie.
« Plus de 15 % des bilans sanguins révèlent une anémie. Il s’agit de l’anomalie biologique la plus fréquente en France et dans le monde. »
Traiter l’anémie
• La supplémentation en fer
Une fois le bilan sanguin établi et qu’il démontre une carence en fer, le médecin proposera une supplémentation en fer, par voie orale notamment. « Le traitement ne sera pas toujours adapté au patient. Dans certains cas, son organisme ne sera pas en capacité d’absorber correctement le fer et de créer suffisamment de réserves. On peut alors passer à une autre forme d’administration », tient à souligner Alexandre Janel. En effet, lorsque le traitement par voie orale s’avère inefficace, il est possible d’avoir recours à une perfusion, et même exceptionnellement à une transfusion sanguine.
• Autres outils de prévention
Afin de prévenir l’anémie, il est essentiel d’adopter une alimentation équilibrée et riche en fer, en folates, en vitamine B12, vitamine C, etc. Si l’anémie est due à des règles abondantes, les contraceptifs hormonaux peuvent être une solution. Dans certains cas, l’anémie est aussi le symptôme d’une maladie plus grave comme le cancer colorectal ou encore la maladie de Crohn ; il sera donc important d’identifier la cause afin de traiter l’anémie.
Garder une santé de fer !
Certains aliments sont naturellement riches en fer, avec en premier lieu la viande rouge, le boudin noir, mais également le foie. Côté végétaux, les légumineuses telles que les lentilles, les haricots, les pois chiches ou encore les noix sont des choix judicieux. À noter que la vitamine C aide à une meilleure absorption de fer, donc la consommation des fruits et légumes riches en vitamine C est aussi un bon moyen de lutter contre les carences en fer !
Par Jessica Jhon
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