Carence en fer, trouble thyroïdien, stress, changement de saison… tant de causes pouvant entraîner la chute de cheveux, aussi appelée alopécie. Pas de panique, cela n’est pas (toujours) définitif ! Le Dr Kathleen Scemama, médecin esthétique en région parisienne nous éclaire.
Le cycle de vie du cheveu
Nos cheveux poussent par cycle. Ils connaissent d’abord une phase de croissance (« anagène 1 »). Progressivement, le cheveu entre dans une phase de repos (« catagène 2 ») jusqu’à atteindre la phase de l’expulsion (« télogène 3 »). C’est pourquoi, il est tout à fait normal que nos cheveux tombent, avant de se renouveler. Notre chevelure compte entre 100 et 150 000 cheveux et nous en perdons, en moyenne, entre 50 et 100 par jour.

Pourquoi je perds mes cheveux ?
La chute de cheveux peut être permanente ou passagère. Selon le Dr Kathleen Scemama, les causes responsables de l’alopécie peuvent être médicales, psychologiques ou mécaniques. « Les causes sont souvent multifactorielles », ajoute l’experte.
Les causes médicales
Les hommes sont plutôt sujets à l’alopécie définitive, plus communément appelé calvitie. Cela est à la fois héréditaire mais aussi hormonal. Les femmes, quant à elles, sont plutôt concernées par la chute de cheveux passagère. D’ailleurs, les hormones ont largement leur part de responsabilité : accouchement, fausse couche, IVG, arrêt d’une contraception hormonale, ménopause, déséquilibres hormonaux…
Anémie, règles abondantes, régime drastique ou encore anorexie entraînent une carence en fer et peuvent également être des causes d’alopécie.
Les opérations chirurgicales avec anesthésie générale et certains traitements médicaux (chimiothérapie, radiothérapie, lithium ou certains anticoagulants), peuvent favoriser la perte des cheveux. Il en est de même pour les troubles thyroïdiens, les carences alimentaires (fer, zinc), la teigne ou encore la pelade.
Les causes psychologiques
Des périodes de stress et un choc psychologique sévère peuvent entraîner une chute, néanmoins, les cheveux repousseront les mois suivants.
Les causes mécaniques
« Les causes mécaniques ne sont pas négligeables », précise le Dr Kathleen Scemama. Il s’agit, par exemple des coiffures qui provoquent une traction sur le bulbe (tresses, chignons, dreadlocks…) ou encore les lissages brésiliens, l’usage du fer à lisser et à friser, et les permanentes, la chaleur étant un facteur aggravant. Tout cela abîme le cheveu, provoquant une perte passagère, voire définitive si la tension persiste.
Quelles solutions pour lutter contre la chute de cheveux ?
Quels recours possibles ?
Dans le cas de la calvitie chez les hommes, un traitement local (minoxidil) qui stimule la pousse des cheveux et ralentit leur chute est possible. Le finastéride peut également être prescrit, il freine la chute de cheveux, mais n’agit pas sur la stimulation de la pousse. Cependant, l’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) met en garde population et professionnels de santé sur ses effets indésirables (troubles psychiatriques et de la fonction sexuelle).
Qu’elle soit passagère ou définitive, la chute de cheveux nécessite une prise en charge. Il est alors indispensable de consulter son dermatologue ou médecin traitant afin de définir la ou les causes responsables de l’alopécie afin de les traiter.
Dans certains cas, « le recours à la mésothérapie du cuir chevelu (petites piqures avec injection d’un complexe de vitamines, associé à du zinc, des oligo-éléments et de l’acide hyaluronique) ou la greffe est possible ».
Compléments alimentaires : quelle efficacité ?
La prise de compléments alimentaires est envisageable, mais il est compliqué de juger leur efficacité. « La constitution n’est pas la seule chose importante, il faut aussi faire attention au dosage des principes actifs. Et ça, c’est le rôle des médecins de faire la part des choses pour déterminer la qualité », souligne le Dr Kathleen Scemama. C’est pourquoi il est préférable de se rendre chez son dermatologue ou médecin traitant pour se voir prescrire des compléments alimentaires efficaces.
Le rôle de l’alimentation dans l’alopécie
L’élément qui constitue principalement notre cheveu est la kératine. Or, cette dernière a besoin d’acides aminés soufrés, que l’on retrouve notamment dans la viande rouge, la volaille, le poisson ou les fruits de mer.
Avoir une alimentation saine joue donc un rôle particulier dans la santé de nos follicules pileux, afin d’éviter les carences en fer ou en zinc, deux éléments indispensables dans la bonne santé de notre chevelure.
Parmi les aliments riches en fer, nous retrouvons la viande rouge, le boudin, le foie, les crustacés ainsi que les légumes secs (lentilles). Concernant l’apport en zinc, favorisez les huîtres, les fruits de mer, la viande rouge, les graines, le poisson.
Shampoings antichute, huiles essentielles… qu’en est-il ?
Les shampoings antichute et huiles essentielles participent à la qualité externe du cheveu. C’est-à-dire qu’ils favorisent l’aspect brillant, limitent les fourches, donnent du volume… mais aucune étude n’a démontré leur efficacité sur le ralentissement de la chute de cheveux ou la stimulation de la pousse. Il en est de même pour la levure de bière.
Il est donc préférable de traiter les différentes causes responsables, qu’elles soient médicales, psychologique ou mécanique. La consultation chez un dermatologue est indispensable pour diagnostiquer la/ les causes responsables.
Par Mélanie Philips





