Yeux rouges, qui grattent, chalazion, allergie… les petits tracas de l’œil sont fréquents. Vocation Santé répond à toutes vos questions !
« En faisant le ménage, j’ai reçu des projections d’eau de Javel dans l’œil. Est-ce grave ? » – Serge, 63 ans
L’eau de Javel, à l’instar d’autres produits ménagers contenant de la soude ou de l’ammoniaque par exemple, peut provoquer des brûlures parfois graves, qui peuvent induire des lésions de la cornée. Il faut donc réagir vite ! Premier réflexe : rincer les yeux à l’eau du robinet ou au sérum physiologique pendant une dizaine de minutes, et en maintenant les paupières ouvertes. Ensuite, dirigez-vous vers un service d’urgence ophtalmique. N’oubliez pas de noter le nom et la quantité des produits utilisés.
« Chaque printemps, c’est pareil : j’ai les yeux qui piquent et me grattent. Est-ce une allergie ? » – Sofiane, 22 ans
Oui, ce sont les symptômes de la conjonctivite allergique, causée par l’arrivée des pollens, ou présente toute l’année sous l’influence des acariens ou de la moisissure. Les deux yeux sont rouges, grattent, pleurent et les paupières sont gonflées. La conjonctivite allergique s’accompagne souvent d’éternuements intempestifs, d’un nez qui coule, voire d’asthme. Pour traiter ces symptômes oculaires gênants, lavez-vous les yeux plusieurs fois par jour au sérum physiologique ou avec des solutions spécifiques que vous trouverez en pharmacie. Certains collyres anti-allergiques peuvent aussi soulager des attaques de pollens.
« Depuis quelques jours, j’ai une boule au niveau de la paupière. Elle ne me fait pas mal, mais me gêne. Comment la faire disparaître ? » – Anne-Laure, 34 ans
Il s’agit certainement d’un chalazion, cette petite boule logée dans la paupière. Le chalazion est la conséquence de l’obstruction d’une glande sébacée, dans l’épaisseur de la paupière. Le chalazion peut se situer vers l’intérieur ou l’extérieur de l’œil. Attention : on a souvent tendance à le confondre avec l’orgelet, bien plus rare, infection bactérienne du bord de la racine du cil. L’orgelet qui prend la forme d’un grain d’orge, d’où son nom, est caractérisé par une paupière douloureuse, gonflée, des larmoiements et un point jaunâtre. Comment traiter un chalazion ? En appliquant une compresse chaude sur sa paupière, plusieurs fois par jour, pour fluidifier les sécrétions. Consultez un ophtalmologiste si le chalazion ne s’améliore pas ou que l’œil devient rouge et douloureux.
« J’ai oublié d’enlever mes lentilles la nuit dernière et, depuis, j’ai une sensation de corps étranger dans l’œil. Qu’est-ce que je risque ? » – Sarah, 28 ans
Portées trop longtemps, les lentilles peuvent provoquer une conjonctivite par irritation. L’œil devient alors rouge, sec, avec de légers picotements et une sensation de fatigue oculaire et de corps étranger. Après avoir bien sûr retiré les lentilles, procédez à un nettoyage minutieux de l’œil, plusieurs fois par jour et avec un produit unidose, qui évite les contaminations. Ne portez plus de lentilles jusqu’à la guérison complète et n’oubliez pas les bonnes règles d’hygiène pour tout porteur de lentille : bien se laver les mains et les sécher soigneusement avant toute manipulation, ne jamais les rincer avec de l’eau, ou à la salive… Au-delà de la conjonctivite irritative, les lentilles mal entretenues peuvent provoquer infection, voire abcès de la cornée.
« Y a-t-il des solutions contre les yeux rouges et irrités après la piscine ? » – Stéphane, 42 ans
Chlore, ammoniaque, chloramine… l’eau de piscine est riche en composés irritants et peut entraîner une sensibilité oculaire. Dès la sortie du bassin, lavez-vous les yeux longuement à l’eau du robinet ou au sérum physiologique. Et soyez patient, car l’irritation ne sera pas soulagée immédiatement, mais au bout de quelques heures. Parfois, la baignade en piscine peut provoquer une conjonctivite infectieuse virale. Mieux vaut donc porter des lunettes de piscine. Et continuez la pratique de la natation, un sport très complet.
« En jouant au foot, j’ai reçu une balle dans l’œil à pleine puissance. J’ai très mal. Dois-je aller aux urgences ? » – Léna, 25 ans
Balle, bouchon de champagne, coup de poing… un projectile reçu dans l’œil peut entraîner une contusion du globe oculaire, plus ou moins grave. Ainsi, après le choc peut survenir une hémorragie sous-conjonctivale, un œdème des paupières, et parfois, un décollement de la rétine, avec une douleur très importante. En bref : c’est une urgence ophtalmique. Le médecin devra s’assurer de l’absence de plaie au globe oculaire et de contusions graves.
« Je vois des points noirs qui flottent dans mes yeux. Ma vision se détériore-t-elle ? » – Michel, 49 ans
C’est souvent un motif d’inquiétude et de consultation chez l’ophtalmologiste : des petits points noirs dans le champ de vision, qui bougent et se voient particulièrement quand on regarde une surface blanche. Ce sont des corps flottants, vulgairement appelés « mouches volantes », et fréquents après 45 ans. En vieillissant, la masse gélatineuse qui remplit l’œil, le vitré, se modifie, se rétracte et se condense. Cela produit cette sensation de mouches devant les yeux, bénigne, mais parfois gênante. Chez les myopes, ces corps flottants peuvent arriver beaucoup plus tôt. Malheureusement, il n’existe pas de traitement permettant de s’en débarrasser, hormis la chirurgie réservée aux personnes ne les supportant plus. Généralement, le cerveau finit par s’habituer et corriger tout seul ce défaut de vision.
« Je travaille beaucoup sur ordinateur et j’ai souvent les yeux secs avec une sensation de picotement et de grain de sable à l’intérieur. À quoi est-ce dû ? » – Lucia, 55 ans
Ce sont certainement les signes d’une sécheresse oculaire, auxquels peut s’ajouter un larmoiement. L’irritation provoquée par la sécheresse induit un larmoiement réflexe, d’où ce paradoxe d’un œil qui pleure parce qu’il est sec. La sécheresse oculaire est due à une diminution de la quantité de larmes ou une évaporation excessive. En travaillant de manière prolongée sur un écran, les clignements de l’œil diminuent, par réflexe, réduisant la quantité de film lacrymal. En pharmacie, vous pourrez trouver des substituts lacrymaux et des solutions hydratantes et lubrifiantes. En prévention, des pauses régulières sont recommandées, tout comme un environnement de travail bien aéré et humidifié.
Attention aux conservateurs dans les collyres
Le conservateur le plus fréquemment retrouvé dans les collyres est le chlorure de benzalkonium, un ammonium quaternaire aux propriétés détergentes et antiseptiques. Appliqué sur la surface oculaire, il peut altérer le film lacrymal, réduire la production des larmes en accélérant leur évaporation. Utiliser de manière prolongée les collyres contenant ce conservateur peut abîmer la superficie de l’œil. Ils interfèrent également avec les lentilles de contact souples. D’autres conservateurs sont aussi à éviter sur l’œil, comme les dérivés du chlore (chlorhexidine), car ils peuvent également entraîner une hypersensibilité. Préférez donc les collyres sans conservateur, en dosette, que vous soyez ou non porteurs de lentilles. Attention, ces conservateurs peuvent aussi réduire les chances de succès d’une opération du glaucome.
- 15 à 20 % des Français souffrent de conjonctivite allergique. Source : Inserm
- 1 français sur 4 consulte un ophtalmologiste pour une sécheresse oculaire. Source : SFO
Par Sylvie Hernola





