La marche nordique est une activité physique qui apporte de nombreux bénéfices pour la santé, physique comme mentale. Sans compter le lien social qu’elle permet de développer. En piste !
« Certains étaient là pour se remettre d’une opération, d’un burn-out, d’un deuil. D’autres, pour garder la forme et prendre l’air. Dans cette diversité, je me suis senti accueilli, à ma place », raconte Marc, coureur blessé au genou, après avoir rejoint un club de marche nordique.
Personnage fictif du livre Entre deux bâtons et mille chemins d’Éric Woimant, Marc fait figure d’alter ego de l’auteur. « Et aussi d’autres marcheurs que j’ai rencontrés, confie Éric Woimant. Parmi eux, beaucoup partagent une même histoire, celle de s’être mis entre parenthèses au profit de leur activité professionnelle, à laquelle ils ont donné temps et énergie. Puis, un jour, des épreuves surviennent, les amenant à cette prise de conscience : “Il va falloir que je fasse autrement parce que cela ne peut pas durer ainsi ! ». Pour beaucoup, la marche nordique s’impose alors comme un espace de rééquilibrage.
Transmettre sa passion
Ancien marin militaire, puis cadre dans l’industrie médicale, Éric Woimant cultive depuis toujours un attachement profond au sport. D’abord coureur, il s’oriente ensuite vers le coaching en marche nordique. Depuis plusieurs années, il s’intéresse de près aux effets de l’activité physique sur la santé globale et l’équilibre de vie.
Il anime également un groupe Facebook, « MARCHE NORDIQUE, partage de vos sorties, entraînements et conseils dédiés à la marche nordique », qui rassemble près de 25 000 membres. Il y transmet des connaissances, rend accessibles des contenus liés au sport, à la santé et à la nutrition, et diffuse des ressources en lien avec cette discipline qui l’anime.
« C’est un sport de propulsion. Nous poussons sur les bâtons. Nous sommes donc obligés de travailler sur la masse musculaire ».
– Éric Woimant
En quoi consiste la marche nordique ?
La marche nordique, appelée Sauvakavely en finnois, trouve son origine en Finlande. Elle apparaît dans les années 1920, lorsque les skieurs de fond l’utilisent comme entraînement hors saison afin de conserver leur condition physique en l’absence de neige.
Plus rythmée que la randonnée classique, elle repose sur l’amplification du balancier naturel des bras à l’aide de deux bâtons. « C’est un sport de propulsion. Nous poussons sur les bâtons, nous nous propulsons, insiste Éric Woimant. Nous sommes donc obligés de travailler sur la masse musculaire ».
Il ne s’agit donc pas de marcher avec des bâtons tenus passivement. Cette pratique exige une gestuelle précise et un apprentissage progressif. « Quand on débute la marche nordique, et que l’on veut réellement la pratiquer, techniquement, on prend vite conscience que cela est beaucoup plus compliqué qu’on ne l’imaginait. Cela demande un apprentissage et du temps pour bien maîtriser le geste de façon optimale », souligne le coach. Selon lui, l’accompagnement par un club ou une association encadrée constitue la voie la plus pertinente pour s’y engager durablement.
90 %
de la masse musculaire du corps serait sollicitée pendant la marche nordique, contre seulement 70 % pour la marche normale. C’est le recrutement massif des triceps, des deltoïdes et des dorsaux qui génère ce surplus de consommation d’énergie.
(Source : Plos One, 2018)
Des bienfaits avérés
La marche nordique ne relève donc pas d’une simple activité de détente. Elle mobilise l’ensemble du corps et offre de multiples bénéfices : amélioration des capacités cardiovasculaires et respiratoires, renforcement musculaire global, consolidation des os et des articulations, contribution à la gestion du poids, entre autres.
Publiée en 2022 dans le Journal of Education, Health and Sport, une revue de la littérature scientifique met en évidence des effets positifs à la fois physiques et psychologiques, notamment sur la circulation, la respiration et la qualité de vie. Parmi les 47 études analysées, chacune rapporte au moins un bénéfice de la marche nordique par rapport à un groupe témoin.
La dimension psychique occupe donc une place centrale. « Quand nous marchons, nous arrivons souvent à trouver des solutions à des questions ou des problématiques en suspens », explique Éric Woimant. Il en fait très tôt l’expérience, enfant, lorsqu’il doit parcourir plus d’un kilomètre pour aller chercher du pain. D’abord réticent, il revient transformé. « Quand je suis rentré, j’étais dans un état d’esprit complètement différent. En tant qu’enfant, cela m’avait marqué. Je m’étais dit : “C’est incroyable, parce que je suis passé d’un état d’énervement à un état complètement apaisé” », se rappelle-t-il.
Le collectif fait la force
Pratiquée majoritairement en extérieur, la marche nordique bénéficie aussi de la dynamique du groupe. « Le lien devient une nécessité. Il permet de mettre en place une routine sportive. Quand on pratique un sport seul, on va se lancer, on va pratiquer une, deux ou trois fois… Puis, au bout d’un moment, on s’arrête parce qu’on ne trouve plus vraiment de motivation », observe Éric Woimant.
Dans son ouvrage défilent de nombreux personnages : Claire, Aurélie, Stéphane, Hélène, Youssef, Simon, et bien d’autres. Chacun partage sa trajectoire, son vécu, ce qui les caractérise. Ensemble, ils avancent, se soutiennent et progressent. « Créer de nouveaux liens avec les personnes rencontrées et avec lesquelles nous avons pu échanger et nous entendre, donne envie de prolonger l’expérience de la pratique sportive », conclut l’auteur.
« La marche nordique offre de multiples bénéfices : amélioration des capacités cardiovasculaires et respiratoires, renforcement musculaire, consolidation des os et des articulations. »
Entre deux bâtons et mille chemins d’Éric Woimant, Éditions Les 3 Colonnes, 2025. 18,50 €
Par Sacha Citerne
Heart
Haha
Wow
Yay
Sad
Angry


