Avec l’âge, les défenses immunitaires baissent, ce qui rend les séniors plus susceptibles de contracter certaines maladies ou de développer des formes graves. Retour sur les recommandations du calendrier vaccinal 2025 et son volet dédié à nos aînés.
Les vaccinations saisonnières
La vaccination grippe/Covid-19 : la double prévention
Chaque année, 10 000 décès sont attribuables à la grippe saisonnière, estime Santé publique France, dont l’immense majorité, plus de 90 %, concernent des personnes de plus de 65 ans. Preuve, s’il en fallait une, de l’importance de la vaccination dans cette tranche de la population. Car si elle ne permet pas d’éviter complètement la maladie, elle en atténue la sévérité et les complications. Environ 2 000 décès sont ainsi évités chaque année grâce à la campagne mise en place par l’Assurance maladie tous les automnes. Depuis 2023, cette campagne cible conjointement la grippe saisonnière et le Covid-19. Les personnes éligibles peuvent donc recevoir les deux vaccins le même jour, sur deux sites d’injection distincts.
Pour la saison 2025-2026, la campagne de vaccination a débuté le 14 octobre et devrait se terminer le 31 janvier. Une date susceptible d’évoluer selon la situation épidémique. Particularité de ce cru, deux vaccins antigrippaux plus fortement dosés et spécifiques aux séniors, Efluelda et Fluad, sont disponibles. Parlez-en à votre pharmacien. À noter aussi que pour la vaccination contre le Covid-19, l’intervalle entre deux injections ou la dernière infection doit être d’au moins 6 mois, sauf chez les plus de 80 ans, pour qui cet intervalle est abaissé à 3 mois, avec une dose de rappel supplémentaire recommandée au printemps.
Le VRS, l’autre menace
Moins connu que la grippe et le Covid ‑19, le virus respiratoire syncytial (VRS) est aussi un virus hivernal très contagieux. Chez les nourrissons, ce virus est l’une des principales causes de bronchiolite. Chez l’adulte, il provoque des symptômes variables : parfois légers comme des rhinopharyngites ou des sinusites, et parfois potentiellement graves comme des bronchites ou des pneumonies. « Chaque hiver, ce sont 15 000 à 20 000 personnes âgées qui sont hospitalisées à cause du VRS et plusieurs milliers en meurent, comme pour la grippe », explique l’Agence du médicament (ANSM).
Aussi, depuis 2025, la vaccination contre le VRS est recommandée à l’automne pour les personnes de plus de 75 ans, ainsi que pour les personnes âgées de plus de 65 ans présentant des maladies respiratoires chroniques ou cardiaques susceptibles de s’aggraver lors d’une infection à VRS. Trois vaccins sont disponibles, mais aucun n’est pris en charge par l’Assurance maladie actuellement. « La nécessité d’une dose de rappel n’a pas été établie à ce jour », précise le calendrier vaccinal.
Les autres vaccinations importantes
Le rappel de la vaccination DTP-Coqueluche
Désormais combiné avec celui de la coqueluche, le vaccin DTP (Diphtérie-Tétanos-Poliomyélite) doit faire l’objet d’un rappel à 65 ans, puis tous les 10 ans pour le maintien d’une protection efficace. Un rappel malheureusement trop peu suivi. En effet, dans son bilan de la couverture vaccinale en 2024, Santé publique France pointe une couverture vaccinale qui s’effrite avec l’âge. « Elle est de 50 % pour le rappel des 65 ans, de 44 % pour le rappel des 75 ans et de 34 % pour le rappel des 85 ans », déplore l’instance. Presque oubliées, ces maladies n’ont pas encore été éradiquées : la diphtérie a connu une recrudescence en 2022/2023 dans l’Hexagone et le reste de l’Europe occidentale, principalement via des cas importés, et le tétanos a été responsable de 14 décès entre 2012 et 2021.
Quant à la poliomyélite, elle a disparu en France, mais quelques rares foyers épidémiques persistent dans le monde. Elle pourrait cependant être la deuxième maladie éradiquée dans le monde grâce à la vaccination, après la variole en 1980.
La vaccination contre les infections à pneumocoque
Jusqu’alors préconisée uniquement aux adultes à risque de développer une forme d’infection sévère, la vaccination contre le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae) est à présent recommandée à toutes les personnes de 65 ans et plus dans la dernière édition du calendrier vaccinal. Quelques mois avant cette mise à jour, la Haute Autorité de santé (HAS) se positionnait justement pour cet élargissement à tous les séniors, considérant l’âge comme un facteur de risque à lui seul. Le pneumocoque est, par ailleurs, la première cause de pneumonie et de méningite bactériennes chez l’adulte.
« La moitié des adultes de 65 ans et plus hospitalisés pour une pneumonie aiguë communautaire et plus d’un quart des patients hospitalisés pour une infection invasive à pneumocoque surviennent chez des personnes sans comorbidités et qui échappent donc aux recommandations vaccinales actuelles », déplorait ainsi la HAS, qui rappelle aussi que « 60 % des cas d’infections invasives à pneumocoques concernent […] des adultes de 65 ans et plus » et qu’à « l’âge de 65 ans, la sévérité de ces infections invasives est multipliée par trois ». Une seule dose du vaccin Prevenar 20 ou du vaccin Capvaxive est suffisante et aucun rappel n’est nécessaire.
La vaccination contre le zona
C’est l’une des particularités bien connue de la varicelle : une fois contractée, le plus souvent au cours de l’enfance, cette maladie virale très contagieuse ne peut pas être attrapée une deuxième fois. Le virus en cause, Varicella-zoster virus, reste en sommeil dans les ganglions nerveux, où il est maintenu « prisonnier » par le système immunitaire.
Mais parfois, souvent chez des personnes de plus de 50 ans, le virus échappe aux défenses de l’organisme, et provoque une nouvelle infection : le zona. Apparaissent alors des lésions cutanées extrêmement douloureuses, le plus souvent au niveau du thorax, mais parfois au niveau du dos, de l’abdomen et même du visage ! Si les symptômes guérissent en quelques semaines, des complications sont possibles, en particulier des douleurs chroniques qui peuvent durer plusieurs mois.
Heureusement, depuis décembre 2024, la vaccination contre le zona est remboursée pour les personnes de 65 ans et plus. Le schéma comprend deux doses du vaccin Shingrix, à effectuer à deux mois d’intervalle, y compris en cas d’antécédent de zona ou de vaccination avec le précédent vaccin, Zostavax, retiré du marché en 2024.
Calendrier simplifié des vaccinations des 65 ans et plus
Par Julien Dabjat
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