Purificateurs d’intérieur : l’air de rien

Apparus sur le marché il y a quelques années, et à des prix parfois exorbitants, les purificateurs d’air intérieur seraient inefficaces en condition réelle selon un récent rapport de l’Anses.

L’automne est là. Les températures vont commencer à diminuer et l’hiver va bientôt pointer le bout de son nez. Impensable dans ces conditions d’aérer plusieurs fois quotidiennement sa maison ou son appartement. Mais quid de la pollution intérieure ? Effectivement, cette dernière ne disparaît pas avec la baisse des températures et est même amplifiée par certains dispositifs de chauffage et l’augmentation de l’humidité. Des solutions alternatives s’imposent, et l’acquisition d’un purificateur d’intérieur pourrait bien être le meilleur compromis, garantissant un air sain sans avoir à ouvrir la fenêtre pour faire rentrer l’air frigorifique de l’extérieur.

Une efficacité non démontrée

Mais il n’en est rien selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui vient de publier les résultats de son analyse des différentes techniques d’épuration d’air intérieur en vogue.

«Au regard des résultats de son expertise, l’Anses souligne que, d’une façon générale, les données scientifiques collectées et analysées ne permettent pas de démontrer l’efficacité et l’innocuité en conditions réelles d’utilisation des dispositifs d’épuration de l’air intérieur fonctionnant sur les principes de la catalyse ou photocatalyse, du plasma, de l’ozonation ou de l’ionisation. »

Plus alarmant encore, certains dispositifs, notamment ceux utilisant la technique de la photocatalyse, émettent des nanoparticules et pourraient sur le long terme, avec le vieillissement du matériel, être nocifs. Ainsi, l’Agence recommande « la mise en place d’une certification des dispositifs d’épuration de l’air intérieur » ainsi qu’une étude de leur innocuité. Par ailleurs, l’Agence suggère également d’informer la population sur l’utilisation de certains dispositifs d’épurations (ozonation, plasma froid) qui peut entraîner une dégradation incomplète des polluants et conduire à la formation de composés encore plus nocifs.

Ouvrez la fenêtre

La méthode la plus sûre pour limiter la pollution intérieure reste donc la limitation des émissions à la source et la ventilation par l’air extérieur. Il est donc recommandé d’aérer son logement entre dix et quinze minutes, deux à trois fois par jour. Ce renouvellement d‘air est également essentiel pour éliminer le trop plein d’humidité et les mauvaises odeurs. En outre, l’utilisation de bougies parfumées et encens pour lutter contre certaines odeurs ne dispense pas d’une aération quotidienne. Elle est même conseillée avant, pendant et après la combustion car ces produits sont également source de pollution.

 

 

 

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