Diabète : regards croisés

Trois millions de personnes sont concernées par le diabète en France mais des zones d’ombre persistent dans la connaissance de cette maladie. Quelle opinion Français et diabétiques en ont-ils ?

Avec 415 millions de malades dans le monde en 2015 et 622 millions en 2040 selon les prédictions de l’Organisation Mondiale de la Santé, le diabète est une réelle problématique de santé publique. À l’occasion de sa journée mondiale qui se tient le 14 novembre, l’institut de sondage Harris Interactive publie les résultats de son observatoire pour le laboratoire Roche Diabetes Care France sur la perception que peuvent en avoir malades et non malades. Deux échantillons ont donc été sondés, le premier regroupe 400 patients atteints des deux formes de diabète, et le second 500 personnes issues du grand public.

Un mal reconnu…

Les Français ont globalement conscience de la lourdeur représentée par le diabète puisqu’ils sont plus de 70% à être d’accord sur sa gravité et plus de 80% à imputer cette grièveté aux complications induites. Ils se montrent même légèrement alarmistes en estimant à 90% que les patients diabétiques vivent mal leur situation alors que ces derniers sont 50 % à le déclarer. L’impact de la maladie sur la vie personnelle et professionnelle est également mis en avant par environ 60% de la population générale, avec une focalisation importante sur une alimentation moins riche en sucre et en gras. Le diabète est donc reconnu comme un problème de santé préoccupant et actuel. Sa prévalence est même surestimée. Effectivement près d’un Français sur deux pense qu’il concerne plus de 20% de la population hexagonale contre 5% en réalité.

… mais mal connu

S’ils sont plus de 80% à connaître l’existence de deux formes de diabète, plus de la moitié des Français en ignorent les différences. Une personne sur trois estime que le diabète de type 2 est la conséquence de mauvaises habitudes. C’est à la fois trop et pas assez car une mauvaise alimentation et un manque d’activité physique viennent s’ajouter à des prédispositions génétiques et provoquent un déclenchement plus précoce de la maladie. Le diabète de type 1 est également méconnu car seulement 20% des Français le considèrent comme une fatalité. Cela signifie que 80% de la population ignore qu’il s’agit d’une maladie auto-immune qui n’a aucun lien avec le mode de vie.

Le diabète vu par les diabétiques

Le sondage a également permis d’opposer le point de vue des patients atteints diabète de type 1 et de type 2, mettant en évidence certaines divergences dans le rapport aux contraintes imposées par la pathologie. Ainsi, il en ressort que les diabétiques de type 1 ont un quotidien plus millimétré, nécessitant une organisation plus poussée ainsi qu’un entourage plus présent. Partir en vacances, improviser des situations, s’éloigner de son domicile toute une journée, pratiquer une activité physique, avoir des relations intimes… c’est un nombre conséquent de situations presque banales qui sont impactées. Les conséquences sur la vie professionnelle suivent les mêmes tendances.

Les résultats en terme d’observance vis à vis des traitements oraux et injectables sont similaires entre les deux populations de diabétiques. La mesure de la glycémie est par contre mieux assimilée par les patients atteints de la forme auto-immune.

Comment améliorer le quotidien des malades ?

Pour la population diabétique, les attentes et perspectives ciblent prioritairement la recherche et l’innovation ainsi qu’une meilleure communication autour de la maladie. Les résultats au sein de la population générale sont similaires en terme de proportions, mais les priorités sont inversées. Les deux groupes sont cependant d’accord pour placer au second plan les espérances en terme de financement et de prise en charge de la maladie.

Comments are closed.